Parc national des Calanques
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Le mont Rose

Une colline en bord de mer

Mont Rose vu depuis le port de la Madrague de Montredon © M. Chêne
Entre ville et nature, ce littoral encore sauvage, bien que très fréquenté, constitue l’une des principales portes d’entrée du Parc national des Calanques sur son versant occidental.

 

Un territoire frontière

Bordée par l’urbanisation, on trouve ici une nature typique des Calanques, avec sa roche calcaire, sa végétation méditerranéenne et son aspect semi-désertique. Avec le Frioul, ce site est le plus aride de France. Éperon rocheux entre terre et mer, le mont Rose culmine à 84 mètres de hauteur.

 

Un trésor de biodiversité

Les principales caractéristiques naturelles du littoral des Calanques se trouvent concentrées ici, en miniature : la pinède, la garrigue et la phrygane, les espèces rares et communes, le vent, le soleil et la mer. C’est un « point chaud de biodiversité », c'est-à-dire un site particulièrement menacé qui compte un grand nombre d'espèces différentes, dont certaines sont rares et protégées.

C’est un trésor de flore méditerranéenne : pins d’Alep, bruyères multiflores, cistes cotonneux, romarin, salsepareille, perces-pierres, ou encore les célèbres astragales de Marseille ! Ces espèces, pour certaines fragiles et endémiques, sont menacées par des plantes exotiques envahissantes

Quant à la faune, on trouve au mont Rose le psammodrome d’Edwards, le plus petit lézard de France (12 centimètres maximum pour moins de deux grammes) : il vit sur le littoral méditerranéen depuis cinq millions d'années ! Il partage le territoire du Parc national avec d’autres reptiles, tels le lézard ocellé ou la tarente de Maurétanie. Ce sont eux sans doute les plus anciens occupants du mont Rose…

 

Une bastide et un chevalier

Le lieu est cité dans des textes dès le XIe siècle, sous le nom de mons rotundus. Plus tard, les Provençaux l'appellent lo grant mont redon : « le grand mont rond ». L’expression subsiste dans le nom du village mitoyen de la Madrague de Montredon.

À l'aube du XVIIIe siècle, le mont redon et les terres avoisinantes appartiennent à la famille Roze, qui y fait bâtir une bastide, toujours visible aujourd’hui. Cette famille est restée fameuse grâce à Nicolas Roze, un chevalier qui s’est s’illustré lors de la grande peste de 1720, et qui a séjourné dans la bastide.

La famille finit par vendre ses terres, mais les Marseillais continuent de désigner le port sous le nom de calle de Roze (calle en provençal désigne une crique ou un port naturel). C'est ainsi que près d'un siècle plus tard, le grand mont redon devient officiellement le mont Rose.

 

Bastide de la famille Roze © M. Chêne
Buste du chevalier Roze sur l'esplanade de la Tourette à Marseille © A. Zec - Parc national des Calanques
Le chevalier Roze sur l'esplanade de la Tourette à Marseille pendant la peste de 1720, par Michel Serre, Musée Atger de Montpellier

 

La révolution industrielle à Marseille

Au début du XIXe siècle, Marseille est en plein essor industriel. Dès 1810, les usines investissent les Calanques, notamment à Saména et à la Madrague de Montredon. L’un des bâtiments est doté d'une longue cheminée rampante, qui monte encore à l’assaut de la colline, et qui servait à évacuer les fumées toxiques loin des habitations.

 

Un tombeau de famille dans une batterie militaire

Depuis le XIXe siècle et jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, le mont Rose accueillait d’impressionnantes installations militaires. On y trouvait autrefois une dizaine de canons ! Entre la Madrague et Saména, les restes du mur allemand antichar qui barrait la route sont encore bien visibles sur les bas-côtés. Si l’armée a déclassé le site en 2005, de nombreux ouvrages militaires parsèment toujours le littoral sud de Marseille.

Dans une grotte en haut de la colline, on trouve aussi la sépulture des Rostan d’Ancezune, la famille qui racheta ces terres à la famille Roze en 1776 !

 

« Montredon vient après cette trinité de villages que l’on appelle Saint-Giniez, Bonneveine et Mazargues ; il est situé à la base de ce triangle qui, s’avançant dans la mer et protégeant la rade du vent d’est, se nomme le cap Croisette. Il est bâti au pied de ces immenses masses d’un calcaire gris et azuré, sur les pentes desquelles poussent avec peine quelques buissons rabougris, dont le soleil et la poussière blanchissent encore les feuilles grisâtres. »

Alexandre Dumas

Le saviez-vous ?

Point chaud de la biodiversité, le mont Rose est un site fréquenté par les naturalistes… et les naturistes ! Deux pratiques dont Joseph Poucel était spécialiste : cet important médecin marseillais, mort en 1971, était à la fois un féru de botanique et un promoteur du naturisme en Provence.

Visite et réglementation

Avant toute sortie au Parc national des Calanques, préparez votre visite et consultez les bons gestes à adopter et les réglementations à respecter.

Les piémonts du mont Rose sont le départ d’importants sentiers dans le massif de Marseilleveyre, dont celui du président, en hommage à Antoine Pellicé, ancien président des Excursionnistes marseillais. On y trouve également le début du célèbre GR 51-98 des balcons de la Méditerranée. Ces sentiers sont libres d’accès toute l’année, sauf en cas de fermeture des massifs pour cause de risque d’incendie.

La baignade au mont Rose n'est pas surveillée et doit être menée avec la plus grande prudence, et uniquement par mer calme. Le littoral des Calanques, souvent très escarpé, présente de réels dangers, et les courants peuvent être imprévisibles : des accidents mortels sont hélas à déplorer chaque année.

 

Accès

Bus RTM n°19 (ou n°583 en soirée) – direction Madrague de Montredon jusqu’au terminus.

La route du littoral sud de Marseille est souvent encombrée, voire très embouteillée aux heures de pointe et le week-end, notamment pendant la saison estivale, et parfois dès la Pointe Rouge. Il est donc fortement conseillé pour vos trajets de privilégier les heures creuses, et les transports en commun ou le vélo.

 

 

Localisation

Coordonnées GPS : 43.230715, 5.352001

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