Parc national des Calanques
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Les programmes de recherche

© Parc national des Calanques

 

« Les communautés d’abeilles sauvages dans les habitats protégés méditerranéens : diversité, interactions et co-occurence avec l’abeille domestique »

Doctorat Lise Ropars co-endradée par Laurence Affre et Benoit Geslin de l’AMU-IMBE. Co-Financement Parc national-État, soutenu le 4 septembre 2020.
 

Contexte et objectif

Parmi les insectes pollinisateurs, les abeilles sont les plus performantes. Elles peuvent butiner et polliniser 87 % des espèces sauvages et 75 % des plantes cultivées. Même si l’abeille domestique est traditionnellement utilisée pour polliniser massivement les cultures, les pollinisateurs sauvages jouent un rôle central dans la pollinisation, contribuant souvent davantage à la fructification que les abeilles domestiques.

Les causes des déclins des abeilles (9.2% des espèces d’abeilles sauvages sont menacées et perte de 25% des colonies d’abeilles domestiques entre 1985 et 2005) sont multiples : changement d’usage des sols avec une perte de ressources florales disponibles, pollution (insecticide et pesticide), introduction de pathogènes, changement climatique. Du fait de l’engouement récent pour l’apiculture, l’installation massive de ruches en espace urbain, agricole et naturel questionne la conciliation des pratiques apicoles avec la protection des abeilles sauvages, d’autant plus dans un espace naturel protégé, du fait de la compétition potentielle pour les ressources florales.

Les objectifs de la thèse sont de (i) dresser un état des lieux de la faune pollinisatrice présente sur le Parc national des Calanques, (ii) déterminer les facteurs paysagers qui influencent l’abondance et la richesse, (iii) caractériser la compétition entre les abeilles domestiques et sauvages, (iv) évaluer la quantité de ressources florales disponibles sur le territoire du Parc national.

 

Principaux résultats

  • (i) Un énorme effort de collecte et d’identification (2770 spécimens) a permis de déterminer 250 espèces de pollinisateurs dont 7 inscrites sur la liste rouge européenne, avec une première détection en France de Nomada rubricoxa et une nouvelle espèce pour la France de syrphe du genre Pelecocera. L’étude du réseau plantes pollinisateurs a montré que 133 espèces de pollinisateurs étaient en interaction avec 62 espèces de plantes et que les cystacées, hautement nectarifères, étaient des espèces centrales de ce réseau.
  • (ii) La richesse en abeilles sauvage est importante à l’interface ville-garrigue mais l’homogénéisation du paysage par la garrigue entraine une baisse de richesse d’abeilles sauvages de grande taille (taille > 12 mm) tout comme l’augmentation de la densité de ruches.
  • (iii) La compétition est plus intense en début de la saison (mars-juin) avec un impact fort lors de transhumance des ruches. Cette compétition se manifeste par une diminution du taux de visite des fleurs (cyste blanc et romarin) par les abeilles sauvages de grande taille en présence d’abeille domestique et d’un changement de leur régime alimentaire des bourdons et petites abeilles sauvages (< 12 mm) en se reportant sur d’autres fleurs. Ceci peut entrainer une déstabilisation du réseau d’interactions.
  • (iv) La production de sucre et de pollen a été estimée pour 3 ressources florales principales qui s’étalent dans le temps : le romarin (mars-avril), le thym (avril-mai), le ciste blanc (mai-juin) qui remporte tous les scores.

Ces résultats doivent être pris en compte par le parc national et portés à connaissance en 2021 vers les des différents acteurs du territoire notamment les propriétaires gestionnaires et les apiculteurs pour établir un modèle de gestion conciliant apiculture et préservation des abeilles sauvages.