Parc national des Calanques
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L’épave de l’avion de Saint-Exupéry

Le Petit Prince des Calanques

Plongée sur le P-38 de Saint-Exupéry © Luc Vanrell IMMADRAS - LAMPEA
Saint-Ex, comme on le surnomme, fait partie des légendes locales. Par sa vie, ses œuvres, dont Le Petit Prince, deuxième ouvrage le plus traduit au monde après la Bible, ainsi que par le mystère entourant sa disparition…

 

Un poète s’envole une dernière fois

Le 31 juillet 1944, le Lightning P38 d’Antoine de Saint-Exupéry décolle de Bastia pour une mission dans le Sud de la France. L’objectif ? Exécuter des prises de vues, qui serviront à mettre au point des cartes utiles au futur débarquement en Provence. Jugé inapte au combat aérien, l'écrivain de 44 ans est affecté au 33e Groupe de reconnaissance photographique, dont les avions bimoteurs sont désarmés et simplement équipés de caméras.

Un dernier écho radar signale l’avion après son décollage, puis celui-ci disparaît sans laisser de trace. Pionnier des lignes Latécoère, puis de l'Aéropostale, Saint-Ex est reconnu en 1948 « mort pour la France ».

 

L’avion enfin retrouvé !

Le mystère de sa disparition reste entier jusqu’au 7 septembre 1998. Ce jour-là, un pêcheur marseillais, Jean-Claude Bianco, relance les recherches, suite à la découverte quasi miraculeuse, dans ses filets, d’une gourmette portant le nom de l’aviateur-écrivain. La zone est alors prospectée par les plongeurs Henri-Germain Delauze, président de la Comex, et Luc Vanrell, qui explore le site de la grotte Coquer à proximité.

En 2000, ils parviennent à identifier, par 85 mètres de fond, les vestiges d’un aéronef pouvant correspondre (une jambe du train d’atterrissage gauche, des éléments de carlingue…). Prélevées et ramenées au jour, certaines pièces de l’appareil livrent en 2003 le numéro de série 2734 L porté sur un panneau du turbocompresseur gauche : celui du P-38 de Saint-Ex. Le doute est enfin levé !

 

Un soldat allemand repenti

En mars 2008, un ancien pilote allemand, Horst Rippert, affirme dans le journal La Provence avoir abattu un avion de type P-38 le 31 juillet 1944 dans la zone où se trouvait Saint-Exupéry : « Si j’avais su qui était assis dans l’avion, je n’aurais pas tiré. Pas sur cet homme », déclara Horst Rippert, qui admirait l’écrivain. Toutefois, plusieurs incohérences laissent encore planer le doute sur ce récit.

 

Une mort encore mystérieuse

Rien sur le site de l’épave ou dans les archives ne permet, encore aujourd’hui, d’être totalement certain des circonstances exactes de la mort de l’écrivain-aviateur. La simulation informatique de l’accident à partir des pièces déformées montre un piqué, presque à la verticale et à grande vitesse, dans l’eau. Mais cela ne permet pas de conclure si la cause en est un tir ennemi, ou un problème technique, ou un malaise du pilote, ou encore un suicide…

Saint-Exupéry était en effet très diminué physiquement à l’époque (il ne pouvait pas fermer seul la verrière de son appareil) et désespéré par le monde qu’il voyait s’annoncer dans ses derniers écrits… la question reste donc entière.

 

Le saviez-vous ?

Plusieurs épaves d’avion ont été successivement prises pour celle de Saint-Exupéry, dont une située près de Cassis. Cette erreur a donné son nom au sentier de la presqu’île de Port-Miou, dit du Petit Prince.

Visite et réglementation

Avant toute sortie au Parc national des Calanques, préparez votre visite et consultez les bons gestes à adopter et les réglementations à respecter.

 

Accès et localisation

En plongée sous-marine, uniquement pour plongeurs confirmés au vu de la profondeur du site : -85 mètres. Les coordonnées données ici situent approximativement le lieu où reposaient les morceaux disséminés de l’avion de Saint-Exupéry avant qu’ils soient réunis et remontés par le DRASSM. Ils sont désormais exposés au Musée de l’air et de l’espace du Bourget, dans un espace consacré à l’aviateur-écrivain.

Coordonnées GPS approximatives : 43.166328, 5.392871