Parc national des Calanques
-A +A
Share

Escalade

© Laurence Delachaume

 

Le relief karstique du massif a permis l’émergence de l’une des activités sportives les plus emblématiques de l'histoire des calanques : l'escalade.

 

L'histoire de l'escalade dans les calanques

 

L’histoire « officielle » de l’escalade débute avec la création en 1875 de la section Provence du Club alpin français. En 1897, la Société des excursionnistes marseillais voit le jour. L’acte de naissance de l’escalade correspond à l’ascension, en 1879, de la Grande Candelle par Francis W. Mark, vice-consul britannique à Marseille.

Pendant un demi-siècle, les motivations des pionniers rejoignent celles de l’alpinisme classique. Aussi incongru que cela puisse paraître pour un massif de dimension réduite, l’histoire prend une tournure alpine : on commence par la « conquête des sommets », on explore les endroits vierges. Ainsi le val Vierge n’est découvert qu’au tournant du XXe siècle car, même par le bas, le fameux pas du Rocher club (l'Œil de verre) est inaccessible au commun des marcheurs ! Quant au Devenson, réservé aux seuls pêcheurs, il faut attendre 1920 pour en découvrir l’accès pédestre...

 

En 1936, un jeune postier marseillais est l’auteur d’un véritable coup de théâtre : avec un nombre réduit de pitons, Henri Barrin vient à bout de la rébarbative face nord du rocher des Goudes. L’exploit de Barrin provoque une révolution et impulse une dynamique telle qu’en moins de dix ans, des grimpeurs comme Albert, Tanner, Rébuffat et Livanos portent l’activité au plus haut niveau. Avec les réussites de Rébuffat, Livanos et Gabriel dans les massifs du Mont-Blanc et des Dolomites, l’école des Calanques brille au firmament de l’alpinisme mondial. Invité à l’expédition de l’Annapurna, premier 8000 m gravi, Rébuffat joue un rôle majeur dans la survie d’Herzog et Lachenal. Avec cinq cents premières dans les Calanques à son actif, le plus souvent avec son épouse Sonia, Georges Livanos domine l’escalade marseillaise pendant un quart de siècle.

La génération suivante, celle d’André, Bourges, Cassin, Coqueugniot, Duvilliers, Guillot et Kelle, apporte une série d’itinéraires superbes, destinée à enrichir l’héritage laissé par Livanos. Cassin et Guillot poussent l’escalade libre très loin, Bourges et Kelle privilégient le cocktail escalade découverte, notamment avec les traversées au-dessus de la mer. Ces aventures mi-alpines, mi-marines ont pour théâtre le Devenson, Castelvieil ou le cap Morgiou, ouvert une décennie plus tard par Charles et Vaucher.

A la fin des années 80, Nanette Raybaud remporte le 1er championnat du monde d’escalade. Au tournant du millénaire, après un siècle d’activité, les nouveautés dans les calanques ne sont-elles pas épuisées ? Bernard, Catsoyannis, Clarac, Crespi, Dupaquis, Fenouil, Gugliarelli et Privat vous prouveront le contraire ! Parmi eux, les auteurs du topo des Calanques n’ont jamais manqué, à chaque édition, de consacrer un chapitre à leur protection !

 

Nanette Raybaud © Collections N. Raybaud
Claude Coqueugniot © Collection J. Caqueugniot

Si les Calanques ont formé des grimpeurs de classe internationale, elles ont aussi engendré des amoureux inconditionnels. Le plus célèbre d’entre eux est Gaston Rébuffat. Guide, écrivain et conférencier à succès, il a, dans ses livres et ses films, notamment grâce aux images superbes de son ami d’enfance Gabriel Ollive, souligné leur beauté mais aussi leur fragilité. Il a aussi apporté son soutien aux défenseurs, comme Paul Rouaix. Rébuffat est un humaniste : son œuvre vante la beauté de la montagne, les liens de la cordée, la connivence entre l’homme et la nature.