Parc national des Calanques
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Le 09/03/2017

Comme à chaque printemps, adoptez les bons comportements pour éviter les risques dus aux poils urticants de la chenille processionnaire du pin ! Présente naturellement autour du bassin méditerranéen, et en forte expansion dans le nord de la France du fait du changement climatique, cette dernière peut en effet présenter un risque pour l’homme et les animaux.

Cependant, cette espèce représente un maillon essentiel de la chaîne alimentaire, indispensable au maintien de l’équilibre écologique dans le Parc national.

 

Impact sur la santé

Au cours de son développement, la chenille processionnaire se dote de poils très légers et fragiles, qui se détachent lorsque la chenille est inquiète ou excitée. Emportés par le vent, ces poils peuvent se déposer sur la peau, se briser et libérer une protéine urticante et allergisante provoquant des irritations chez l’organisme cible.

Les animaux domestiques, comme les chiens et les chats, sont les premières victimes de cette contamination. Au contact des chenilles, mortes ou vivantes, les conséquences peuvent aller de l’inflammation aux nécroses sur toute la région buccale.

Les conséquences sur l’homme sont généralement moins graves. Une exposition aux poils urticants se traduit en général par des démangeaisons, accompagnées de boutons qui disparaissent au bout de deux ou trois jours.

Les bons gestes

 

Pour prévenir toute situation alarmante, il est conseillé de :

  • Éviter les lieux où les nids sont abondants
  • Tenir son chien en laisse
  • Se rendre au plus vite chez le vétérinaire lorsque son animal est sujet à une inflammation
  • Eviter les bois infestés par jour de vent, les poils urticants pouvant être facilement emportés dans l’air ambiant
  • Ne pas écraser les chenilles mortes, qui libèreront de toute façon leurs poils
  • Ne pas détruire ni manipuler les branches porteuses de nids, les risques de brûlures graves étant importants
  • Se munir d’une bouteille d’eau et d’un tissu (gant, serviette…) pour se rincer ou rincer la bouche de son animal en cas de brûlure, et surtout, de ne pas boire pour éviter l’ingestion des poils

 

Limiter l’impact sanitaire sans altérer l’équilibre écologique

Comme la chenille processionnaire a sa place dans l’écosystème méditerranéen, le Parc national prône une intervention minimale de régulation en cœur de Parc national uniquement dans les zones à très forte fréquentation.

Il a, dans ce cadre, mandaté l’Office national des forêts (ONF) pour la pose expérimentale d’une soixantaine d’écopièges en 2015, sur 3 sites de fixation majeure du public (Port-Pin, Sormiou, Morgiou). La réception de cette opération ayant été favorable, le Parc national a ensuite autorisé les propriétaires et les gestionnaires du territoire qui le souhaitaient à poursuivre l’action, par l’installation de pièges à phéromones dans les endroits très fréquentés. Ces pièges attirent les papillons mâles afin de limiter les formations de nids.

 

Des écopièges collectant les chenilles sur le tronc à leur descente dans le sol ainsi que des nichoirs à mésange peuvent également être posés si besoin. La mésange étant un prédateur naturel des chenilles processionnaires, elle représente une solution pérenne pour limiter naturellement le nombre de chenilles dans les zones habitées ou très fréquentées.

La processionnaire du pin : une espèce importante pour les milieux naturels

 

La chenille processionnaire est la larve d’un papillon de nuit gris-brunâtre marbré, le Thaumetopoea pityocampa. A la belle saison, entre juin et septembre, la femelle papillon, qui représente la forme « adulte » de la chenille, pond environ 300 œufs rangés en parallèle autour des aiguilles de pin. 5 à 6 semaines après la ponte, l’éclosion donne naissance à de petites chenilles encore fragiles et très sensibles aux pics de température (chauds ou froids). Elles tisseront alors collectivement un cocon pouvant atteindre 30 cm, qu’elles ne quitteront qu’une fois la nuit venue, pour se nourrir des aiguilles.

Au printemps, on peut observer les chenilles quitter l’arbre et se déplacer en file indienne, « en procession ». Elles s’enfouissent ensuite à quelques centimètres sous terre pour se nymphoser, c’est-à-dire se transformer en papillons adultes (après avoir été des chrysalides) qui émergeront directement du sol.

Ces chenilles ont un réel intérêt pour la nature : de nombreuses espèces se développent uniquement dans leurs nids, qui constituent alors un véritable micro-écosystème (coléoptères remarquables, araignées). Certaines espèces de micro-guêpes ou mouches parasites ont besoin des chenilles ou de leurs œufs pour accomplir leur développement. Pour d’autres, comme les chiroptères, les oiseaux (mésanges, engoulevent d’Europe) ou les insectes (Ephippigère dit Tizi dans le midi), les chenilles représentent une importante ressource alimentaire.

C’est pourquoi, la conservation de cette espèce est indispensable au maintien de l'équilibre écologique, d’autant que les prédateurs, parasites ou agents pathogènes de la processionnaire, permettent la régulation naturelle des populations de chenilles.

 

Contrairement aux préjugés, les pins complètement défoliés par les attaques de chenilles ne meurent pas. Ils sont capables de supporter cette attaque et récupèrent en quelques années, si leurs conditions de croissance sont satisfaisantes et s’ils ne font pas l’objet de défoliation importante de manière trop récurrente.