Parc national des Calanques
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Le 22/11/2019
Défi technique et humain, la transplantation des 3000 pieds d’Astragales de Marseille est également une aventure scientifique... Études préalables et protocoles de suivi ont été définis par les scientifiques de l’Université Aix-Marseille pour assurer le succès de l’opération.

Sites de renforcement et sites de (ré)introduction 

Les sites d’implantation des pieds d’Astragales n’ont pas été choisis au hasard. Ils correspondent à des niches écologiques dans lesquelles l’Astragale de Marseille peut se développer. Plus précisément, les chercheurs de l’Université Aix-Marseille ont identifié des sites de renforcement de population et d’introduction. Le renforcement de population vise à planter les pieds sur des sites où l’Astragale est déjà présente. L’introduction cible des sites où l’Astragale est actuellement absente, son objectif est donc de recréer des connexions entre les populations existantes. De manière quasi-certaine, les sites d’introduction sont en réalité des sites de réintroduction, c’est-à-dire des sites où l’Astragale était présente historiquement.

Étude génétique

En amont de la mise en culture des Astragales, une étude génétique a été réalisée sur les feuilles d’Astragales sur lesquelles ont été prélevées les graines. Celle-ci visait à étudier les similarités et différences génétiques susceptibles de guider l’opération de transplantation. L’analyse a permis d’identifier trois grandes populations dont les gènes varient légèrement. Les pieds seront ainsi plantés au sein de leur population d’origine.

Cette analyse génétique a notamment permis de mettre en place une expérimentation sur la population d’Astragale de la calanque des Trous. Sur ce site, un problème de consanguinité, limitant le succès de reproduction de l’espèce, a été observé. Pour le contrebalancer, l’idée est d’apporter de la diversité génétique en y plantant des pieds issus de différentes populations.

Suivis

À présent plantés, les pieds d’Astragales vont bénéficier d’un suivi scientifique. Un contrôle régulier permettra d’observer le taux de survie.  Des prélèvements seront également réalisés de manière ponctuelle sur des feuilles pour analyser l’état de santé des individus. Des analyses de sols sur les différents sites de transplantation seront enfin assurées pour déterminer si la composition de ce dernier à un effet sur le développement des pieds.

Dans le cadre d’expérimentations préalables, le taux de survie d’Astragales cultivées en pépinière et replantées en milieu naturel a oscillé, en fonction des sites, entre 13% et 57%. Souhaitons à présent aux Astragales nouvellement plantées de bien s’acclimater à leur nouvel habitat…