Parc national des Calanques
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Le 27/08/2020
Fin août dans les Calanques. Tandis que les visiteurs estivaux arpentent le Parc national, en bord de chemin tout paraît sec, le sol est poussiéreux. Les dernières précipitations remontent à plusieurs mois mais qu’importe, les plantes méditerranéennes ont développé plusieurs stratagèmes pour s’adapter à la chaleur et à la sécheresse. Sous des apparences de végétation en souffrance, la nature ingénieuse attend patiemment le retour de la pluie.

L’eau, nerf de la survie

Tous les moyens sont bons pour accéder à cette ressource primordiale : certaines plantes dites « succulentes » stockent eau et nourriture dans leurs feuilles, d’autres ancrent profondément leurs racines dans le sol pour y puiser ce qu’il reste d’eau. L’eau s’absorbe par les racines, mais elle peut également s’évaporer depuis les feuilles sous l’effet de la chaleur. Pour limiter ce phénomène, plusieurs méthodes sont possibles : enrober les feuilles d’une membrane cirée imperméable comme chez l’asperge, réduire la surface des feuilles - parfois jusqu’à de simples aiguilles - comme chez le pin d’Alep, se débarasser de ses feuilles à la saison sèche voire les supprimer complètement, comme chez le genêt d’Espagne.

Pin d'Alep © Philippe Richaud
Chêne blanc © Céline Bellanger

Echapper à la brûlure du soleil

Si la lumière du soleil est essentielle à la vie des plantes qui réalisent la photosynthèse (processus de croissance qui exploite l’énergie lumineuse), l’exposition excessive à de grandes chaleurs peut les dessécher. Il faut pouvoir échapper aux rayons du soleil.

Par exemple, le micocoulier peut faire pivoter ses feuilles pour ne présenter que leur tranche au soleil. Thym, romarin et lavande enroulent leurs feuilles sur elles-mêmes. Le chêne blanc développe des poils feutrés pour créer de l’ombre et capter la rosée matinale par la même occasion. Plus intriguant encore : certaines espèces aromatiques secrètent des essences parfumées pour constituer une cloche gazeuse qui les abrite du soleil et limite leurs pertes d’eau.

Jouer sur le timing

Les plantes dites « annuelles » ont un cycle de vie de quelques mois : de graines qui germent, elles se développent, se reproduisent et génèrent de nouvelles graines pour que le cycle se répète l’année suivante. La graine est une forme du végétal résistante à la sécheresse et aux températures extrêmes. Dans les régions au climat plus doux, c’est à l’automne que les plantes annuelles se retrouvent sous cette forme pour survivre au froid hivernal. Sous les latitudes méditerranéennes aux hivers cléments, c’est plutôt l’été qui pose problème... Les plantes annuelles accomplissent donc leur cycle naturel avec quelques mois d’avance pour survivre à l’été sous forme de graines enfouies dans le sol. On retrouve cette astuce chez les plantes dites « bisannuelles », qui accomplissent leur cycle en deux ans et produisent les graines avant l’arrivée des premières canicules.

Dans le règne du Vivant, les nouvelles stratégies de survie naissent à la fois des contraintes et des opportunités propres au milieu environnant. Malgré le climat et grâce à la présence de milieux naturels très variés, le département des Bouches-du-Rhône présente une diversité floristique des plus importantes en France ! La flore des Calanques supporte la sécheresse méditerranéenne et survit même aux incendies. Elle entamera un nouveau chapitre de son cycle naturel une fois passé l’été. Dans le sol, les graines germeront dès les premières pluies d’automne. Si la flore provençale est aguerrie à la rudesse du climat et aux embruns salés, elle reste néanmoins fragile à une énième contrainte : le piétinement. Amis visiteurs, restez sur les chemins balisés !