Objectif 10% de zones de protection forte
Les zones de protection forte constituent l’un des outils de la France pour assurer un haut niveau de protection de ses écosystèmes marins. Elles sont définies par décret comme des « zones géographiques dans lesquelles les pressions engendrées par les activités humaines susceptibles de compromettre la conservation des enjeux écologiques sont absentes, évitées, supprimées ou fortement limitées, et ce, de manière pérenne, grâce à la mise en œuvre d'une protection foncière ou d'une réglementation adaptée, associée à un contrôle effectif des activités concernées. »
Il ne s’agit pas de créer un nouvel outil mais de labelliser « zone de protection forte » une zone ou une partie de zone protégée déjà existante, dont le niveau de gestion permet d’assurer un « haut degré de conservation de la nature » permis par des mesures de gestion, une réglementation et des dispositifs de surveillance.
Dans le cadre de ses engagements internationaux et conformément aux objectifs de sa stratégie nationale des aires protégées, la France ambitionne de protéger 10% de sa façade maritime d’ici 2030.
Un label qui reconnait la réduction des pressions
La labélisation du cœur marin du Parc national des Calanques constitue une reconnaissance des actions menées depuis 2012 pour réduire les pressions et restaurer le fonctionnement des écosystèmes marins.
Les exemples ne manquent pas. Parmi les plus emblématiques figurent, l’arrêt des boues rouges depuis le premier janvier 2016 ou la création de 7 zones de non-prélèvement, parmi les plus étendues d’Europe, qui ont permis de quadrupler la biomasse de poissons et inscrire dans le temps les activités de pêche artisanale et durable.
Grâce à la mise en place d’arrêtés préfectoraux à l’échelle de la façade méditerranéenne, les herbiers de posidonies du Parc national bénéficient aussi du report du mouillage des navires de plus de 20m vers le large. Cette mesure forte a été prolongée sur le territoire par de premières mesures appliquée à la petite plaisance, telle l’interdiction du mouillage dans les calanques emblématiques de Port-Pin et En-Vau.
Espace très fréquenté, le Parc national s’est également doté d’outils réglementaires qui permettent d’encadrer les activités de transports de passagers et la location de navire, secteur en plein essor. Associés à des mesures d’accompagnement qui encouragent l’électrification de la flotte dans les calanques, ces actions permettent de préserver l’authenticité du plan d’eau, réduire les émissions de Co2 et le dérangement sonore engendré par le bruit des navires.
Un encouragement à poursuivre les efforts
Si la labélisation en ZPF n’induit pas de nouvelles mesures sur le territoire, elle n’en constitue pas moins un encouragement à poursuivre les efforts en cours pour conserver ou restaurer l’intégrité écologique et la résilience des milieux naturels dans un contexte de changement global.
Parmi les grands dossiers maritimes du Parc national figure notamment la création des zones de mouillage et d’équipement légers identifiées dans le schéma global des mouillages des Calanques. Après de minutieuses phases d’étude, la mise en place de ces aménagements, en lien avec la Métropole Aix Marseille Provence, est attendue pour protéger l’habitat naturel clé de voute de la Méditerranée que sont les herbiers de posidonies.
Concernant la pêche, l’arrêt effectif et définitif du chalutage qui s’est maintenu dans les Calanques sera effectif dès le 20 avril 2026. L’amélioration des connaissances sur les prélèvements de la pêche de loisir grâce aux déclarations de captures permettra également la mise en œuvre d’actions de gestion pertinentes pour préserver les stocks de certaines espèces évaluées comme fragiles.
Dans la continuité de son plan d’action pour les petits fonds marins soutenus par la Mission Nature, le Parc national s’attèlera aussi à retirer de nombreux macrodéchets et mettra en perspective, en lien avec les pratiquants, les impacts potentiels de la plongée sous-marine afin de les prévenir et inscrire cette activité emblématique dans une logique de durabilité.
Le maintien d’une forte présence territoriale pour surveiller le plan d’eau du parc et lutter contre les pratiques illégales, tel le braconnage ou la location irrégulière de navires, a aussi contribué dans la reconnaissance de ZPF orientées vers la protection effective des écosystèmes marins.
