Partager

Chantier de restauration passive pour le site de Sainte-Frétouse

Vue panoramique sur le site de Sainte-Frétouse
Vue panoramique sur le site de Sainte-Frétouse
A partir du 16 février, un ambitieux chantier de restauration écologique passive s’engage sur le site de Sainte-Frétouse à la Ciotat. Cette opération permettra la préservation d’habitats naturels de grande valeur et sera l’occasion d’offrir aux habitants et visiteurs de nouvelles possibilités pour apprécier les patrimoines d’un site exceptionnel. 

Un site niché entre deux promontoires

Situé entre deux promontoires, il existe à La Ciotat un site relativement peu connu qui s’étire depuis la chapelle Notre-Dame de La Garde à l’est et le Sémaphore du Bec de l’Aigle à l’ouest. Une ancienne chapelle dédiée à Sainte-Frétouse, dont le patronyme évoquerait l’image d’une eau qui fraye son passage à travers la terre, serait à l’origine du nom.

Propriété du Conservatoire du Littoral et classé en cœur de Parc, ce site regorge de trésors patrimoniaux. Suspendues en bord de mer, ses falaises ocres offrent à voir un paysage exceptionnel. Le site hérite aussi d’un patrimoine culturel remarquable, où se côtoient les vestiges d’un long passé agricole (restanques et murs en pierres sèches) et villas d’illustres propriétaires (Michel Simon, Walter Speaney).

Sur 40 hectares, Sainte-Frétouse abrite également, du fait de sa géologie particulière et de la nature de ses sols, un cortège floristique et des habitats naturels atypiques. Les agents du Parc national ont ainsi recensé une quarantaine d’espèces à fort ou très fort enjeux de conservation, parmi lesquelles l'anthyllis faux cytise (Anthyllis cytisoides), la ficoïde nodiflore (Mesembryanthmum nodiflorum) ou le statice nain (Limonium pseudominutum). Plusieurs mares temporaires et des bosquets de chênes verts matures constituent les particularités locales en termes d’habitats naturels.

 

Érosion galopante

En dépit de ses attraits, et certainement parce qu’il ne permet pas d’accès à la mer, Sainte-Frétouse est longtemps resté dans une certaine confidentialité. En lien avec les évolutions du territoire ciotadin et son développement, le site accueille néanmoins une fréquentation grandissante, constituée majoritairement de riverains et de plus en plus de touristes.

Problème : le site n’est pas aménagé et manque notamment d’une infrastructure de sentiers balisés pour canaliser le public. La fréquentation, très diffuse, conduit ainsi au piétinement, à l’érosion des sols et à une dégradation des habitats naturels. Indirectement, le manque d’aménagements du site, conduit aussi à diverses incivilités et notamment des dépôts sauvages.

Conçu par le Parc national des Calanques, en lien avec le Conservatoire du littoral et les collectivités partenaires, le chantier de restauration qui s’ouvre prochainement consiste à supprimer la source de dégradation (soit le piétinement et l’érosion des sols) et permettre à la nature de retrouver sa pleine place et sa vigueur. Il s’agit de restauration fondée sur la nature, dite aussi restauration « passive ». Concrètement, les travaux consisteront à :

  • conforter d'anciens sentiers et en ouvrir de nouveaux sur un linéaire de 3.5 km ;
  • fermer un linéaire de 600 mètres de sentes sauvages ;
  • délimiter des zones de régénération avec des poteaux fils sur quelques surfaces sensibles ;
  • créer des marches dans la roche pour sécuriser certains passages aujourd'hui difficilement franchissables ;
  • retirer des dépôts sauvages abandonnés en contrebas du chemin du sémaphore.

Ces travaux seront par ailleurs l’occasion d’offrir au public des boucles de découverte qui valorisent pleinement la richesse patrimoniale des lieux. Les visiteurs à destination de la future Maison du Parc national et les randonneurs souhaitant relier La Ciotat à Cassis ne seront plus contraints à cheminer sur la chaussée du Chemin du Sémaphore et pourront emprunter des sentiers dédiés aux marcheurs.

Ce projet qui permet de concilier protection de l'environnement et fréquentation du public sur le long terme est cofinancé par l'état via le CEREMA dans le cadre du "Plan Tourisme Destination France – Sentier vue mer" et la Fondation VINCI Autoroutes. Les travaux, sous maitrise d’ouvrage du Parc national et dont la maîtrise d’œuvre est assurée par Topographik, sont confiés à l’entreprise Verti.Alp et devraient se terminer fin avril.