Parc national des Calanques
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Risque incendie

Incendie février 2003 à Marseilleveyre © ONF

Un milieu particulièrement sensible aux incendies

 

Si les feux de forêt permettent, après leur passage, une mosaïque de milieux favorables à la biodiversité, leur occurrence répétée dans le Parc national des Calanques est en revanche néfaste. En effet, la capacité de résilience des milieux (capacité à se régénérer) est en partie liée au temps de retour du feu en un lieu donné du territoire.

Du fait de son positionnement périurbain, le Parc national des Calanques est particulièrement sensible au risque incendie.

Incendie septembre 2016 © Pncal

Les facteurs naturels conjugués aux composantes humaines engendrent un risque fort pouvant porter gravement atteinte aux habitants et aux usagers du massif, tout comme aux patrimoines naturels, paysagers et culturels du Parc national. Le dernier grand feu en septembre 2016 a notamment détruit environ 300 ha dans le territoire du massif des Calanques.

Afin de protéger ce territoire fortement exposé au feu, le Parc national des Calanques a inscrit la prévention et l’information sur cette menace prégnante au cœur de ses priorités. Réduire le risque incendie fait ainsi partie des principaux défis dictés par la charte du Parc national (projet commun de territoire, global, à la fois économique, social, culturel et écologique), en lien avec ses partenaires notamment : les services de l’Etat, le Bataillon des marins pompiers de Marseille (BMPM), le SDIS, l’Office national des forêts (ONF), et les communes de Marseille, Cassis et La Ciotat.

 

Des conséquences dramatiques sur les milieux conjuguées aux dangers sur l’homme

Conséquences dévastatrices sur la végétation après incendie © Joanna Pérrodin

Les incendies peuvent provoquer, selon leur étendue, des dégâts écologiques considérables sur les milieux et la végétation en détruisant, sur les zones sinistrées, des espèces végétales à haute valeur patrimoniale voire endémiques.

La destruction des milieux par le feu impacte également la faune qui vit dans ces milieux ou qui en dépend.

En outre, les incendies représentent un danger pour l’homme, qu’il soit habitant dans les zones impactées ou qu’il soit usager en proie à l’aléa. La forte fréquentation du massif et les conditions souvent difficiles d’accès (terrain montagneux, calanques reculées, front de mer…) accroissent le danger.

 

Les dispositifs mis en œuvre par le Parc pour réduire le risque incendie

Le Parc national déploie plusieurs dispositifs dans le but de réduire le risque incendie, en lien avec ses partenaires.

 

Une réglementation spéciale en cœur de Parc

Sont notamment interdits en cœur de Parc les activités et usages suivants :

  • tout usage de feu, y compris l’action de fumer, les feux de camp, les camping-gaz et les brûlages de déchets ou de végétaux coupés,
  • le bivouac, le camping et le caravaning.

Information sur le terrain

Le Parc national informe les usagers sur la réglementation en vigueur, notamment liée au risque incendie, grâce à ses agents de terrain et à une signalétique en place sur l’ensemble du territoire.

  • Les gardes-moniteurs, agents assermentés présents toute l’année, ainsi que les écogardes, agents saisonniers présents en saison estivale, ont pour mission commune d’informer et de sensibiliser les visiteurs, les usagers et les habitants sur le risque incendie, ainsi que sur la réglementation spéciale du cœur de Parc et la réglementation en vigueur (dispositif Envie de Balade…) pour prévenir et réduire ce risque.
  • Des panneaux signalétiques, posées aux principales entrées du Parc national des Calanques, informent les usagers sur la réglementation du Parc national, notamment la réglementation relative au risque incendie.
  • Les outils de communication (plaquettes d’information, supports multimédias…) rappellent la réglementation pour limiter le risque d’incendie.

Des opérations de contrôles réguliers

Depuis sa création le 18 avril 2012, le Parc national des Calanques assure le suivi et le contrôle des usages qui se pratiquent dans le Parc notamment dans le but de réduire le risque incendie. Cette veille se concrétise par l’organisation d’opérations de contrôle en lien avec les partenaires du Parc national des Calanques, dont l’Office national des Forêts.

Les agents assermentés assurent les fonctions de contrôle et, le cas échéant, de verbalisation, liées à l’application de la réglementation. Les contrevenants risquent des amendes allant de 135 € à 1500 €.

 

Les conseils de prévention

Incendie de 2016, Marseille © PNCal

Le département Information et prévention de l’établissement public Entente pour la forêt méditerranéenne – Valabre a créé un site dédié à la prévention incendie

De nombreux renseignements sur les moyens de prévention et de lutte contre les feux de forêt y sont recensés. Le site apporte ainsi de nombreux éclairages sur les réglementations (accès aux massifs, débroussaillement, brûlage de végétaux, emploi du barbecue…) et les conseils pratiques pour réduire les risques d’incendie et améliorer la lutte des feux de forêt.

 

Le nettoyage des arbres brûlés après incendie : une fausse bonne idée

La coupe systématique des arbres brûlés sur les terrains incendiés qui a pu être fait dans certains cas les années passées a nécessité des moyens financiers considérables.

Il est important de couper rapidement les arbres calcinés aux abords des voies, pistes, sentiers et aires d’accueil pour sécuriser le public, ce qui a déjà été commencé sur le périmètre du feu du 5 septembre.

Il peut être également nécessaire de couper des arbres pour réaliser des fascines de maintien des sols sur de fortes pentes ou pour limiter la prolifération d’insectes ravageurs sur les pins ayant survécu enlisière du feu, dans les zones très boisées.

© PNCal

Par contre, les autres arbres non dangereux pour l’accueil vont rapidement se dégrader et tomber naturellement au sol. Leur dégradation va permettre le retour d’un important cortège d’insectes et de champignons qui favoriseront, en se nourrissant du bois brûlé, la reconstitution de l’humus sur le moyen terme.
Ces arbres, les insectes qui s’en régalent, peuvent être ressentis comme sales dans le paysage. Ce n’est certainement pas la vision des petits mammifères et oiseaux qui les utiliseront pour recoloniser la zone et transporter (dans leurs fientes, leur pelages,…) des graines qui contribueront au renouvellement de la forêt. Nettoyer, c’est entraver le processus naturel de régénération de la forêt.

 

Paysage et plantations : attention à la banalisation

Les plantations étaient souvent accompagnées de travaux lourds pour décompacter le sol. Dans les années 70-80, plusieurs dizaines de kilomètres de banquettes ont été créées dans les Calanques au bulldozer avec un impact paysager important, il en reste des traces sur la zone incendiée dans la montée du col de la Gineste. Les plantations peuvent induire également une répartition non naturelle des arbres (alignements, homogénéité des tailles, etc) alors que naturellement les semis s’installent de manière aléatoire, sur plusieurs années et en respectant la diversité des milieux naturels.

Par ailleurs, les paysages des Calanques comprennent une importante diversité qui constitue le caractère exceptionnel du coeur de Parc (pinède, feuillus, falaises, éboulis, pins isolés des falaises, pelouses, etc.). Il est important de conserver cette diversité exceptionnelle et d’éviter une banalisation des paysages par des reboisements ou des semis artificiels généralisés.

 

La recolonisation naturelle dans le Parc national des Calanques : une dynamique de conquête

Cône et graines de pin le 6 septembre 2016 au col de la Gineste © PNCal

Sur le territoire du Parc national, de nombreux incendies ont brulé la végétation ces dernières décennies, notamment en 1990 sur le même périmètre que celui de l’incendie du 5 septembre.
Sur la majeure partie de ces secteurs, la végétation a repris ses droits naturellement, les zones favorables au pin d’Alep se sont réensemencées naturellement, à l'image des autres espaces plus favorables aux feuillus ou à la garrigue.

 

En conclusion, que faire alors sur un site incendié ?

L’abattage des arbres incendiés (sauf au titre de la sécurité) et les reboisements par plantation ou semis artificiels ne sont actuellement pas envisagés en cœur du Parc national des Calanques. La voie privilégiée, qui est à la fois la plus sûre, la plus écologique et la plus économique en milieux méditerranéens, est d’accompagner les dynamiques naturelles, tout en veillant localement aux enjeux de sécurité des publics.

 

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