Parc national des Calanques
-A +A
Share

Patrimoine industriel

Trémis © Fernando Ferreira

 

Une industrie prolifique liée à la proximité de la ville

 

Le savon et la soude

L’industrie du savon a débuté à Marseille sur la rive sud du port. Elle a causé une pollution qui a sûrement contribué à diminuer le nombre de poissons, de par ses rejets de matière polluante dans la mer.

Cette industrie a connu un problème d’approvisionnement en soude naturelle au début du XIXe siècle, à cause des enjeux politiques entre Napoléon Ier et le royaume d’Espagne. L’invention de la soude chimique a permis à l’industrie du savon de perdurer, mais cela a impliqué la construction d’usines de soude.

D’abord situées en centre-ville, ces usines ont ensuite été placées en périphérie de la ville pour éloigner leurs émanations toxiques des hommes, des bêtes et des cultures agricoles. C’est pour cela que l’on trouve aujourd'hui des restes d’usines et des cheminées rampantes à partir de la Madrague. Ces dernières conduisaient les vapeurs acides au sommet des collines en les faisant passer par différentes étapes visant à diminuer la toxicité des gaz. L’usine de l’Escalette est un des plus impressionnants restes de l’industrie du XIXe siècle. Elle représente à la fois un témoin historique, mais aussi et surtout, un site pollué, une conséquence de l'activité humaine sur la nature.

Ruines industrielles de la Madrague

Les carrières

Trémis © Fernando Ferreira

Calcaire, le massif des Calanques a très tôt été exploité pour la pierre. Si on retrouve quelques carrières proto-industrielles dans les collines, certaines ont eu un fort impact sur le paysage.

Sur les îles du Frioul par exemple, les carrières ont été exploitées de manières discontinues de 1822 à 1878 par les Ponts et chaussées. Ce qui a nourri l’intérêt de deux administrations : l’Armée et la Santé. Vu le grand terrain plat dégagé grâce au creusement du massif (paysage rare sur l’île), la Santé a pu entre autres construire un lazaret. L’Armée s'est quant à elle intéressée à l'apparition d'une falaise (due au creusement de la carrière), qui a rendu les forts situés au sommet de la colline inaccessibles.

Les conditions de vie dans les carrières sont extrêmement pénibles pour les centaines d'ouvriers.

Cassis a connu un passé industriel certain au cours du XIXe siècle. Elle a vu sa pierre être exploitée puis utilisée pour réaliser des ouvrages célèbres, comme le socle de la Statue de la Liberté à New-York, ou davantage ancrés dans le quotidien de Marseille, comme « la pile » (l'évier), des trottoirs ou encore des marches.

Cassis a également connu une autre industrie qui transformera radicalement la calanque de Port-Miou : l'extraction du calcaire. Réduit en poudre, ce dernier entre dans la fabrication de la soude chimique pour les usines qui longent le littoral sud de Marseille.

 

Les sablières

 

A la fin de l’époque paléolithique, le sable, transporté par les mouvements de la mer et les vents, a formé les sablières de l’île de Riou. Dès 1853, et durant toute la moitié du XIXe siècle, le sable a été extrait sur l’île. Les sablières qui montaient jusqu’à 38 m ont en grande partie été exploitées par les services des Ponts et chaussées maritimes de la Ville de Marseille. Le toboggan de la grande sablière, bâti en pierre sèche, permettait de déverser directement le sable dans les tartanes, qui servait ensuite au pavage des rues de Marseille ou, plus précisément, à la fabrication du mortier du phare du Planier qui éclaira la rade de 1881 à sa destruction en 1944.

Cependant, Riou n’est pas la seule sablière : on en trouve aussi sur l’île de Jarre, à Montredon, dans les Calanques de Marseilleveyre et de Sormiou.