Parc national des Calanques
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Le 03/10/2018
© Céline Bellanger
Le 14 septembre 2018, deux hectares de la calanque de la Mounine étaient victimes d'un incendie causé par un feu de bivouac. Par chance, aucune perte humaine et matérielle n’a été déplorée cette fois… les conséquences sur la biodiversité sont en revanche importantes. Les agents du Parc national se sont rendus sur place pour dresser un premier bilan de l'impact écologique. Celui-ci sera affiné dans les prochaines semaines pour étudier certaines conséquences qui ne s'observent que sur le plus long terme, tel l'impact sur les plantes de l'eau salée utilisée pour éteindre le feu. 

Vous avez dit "feu de broussaille" ?

Les incendies dans les Calanques sont souvent qualifiés de « feu de broussaille ». Cette appellation relève d’une grande méconnaissance de la flore locale et sa richesse… Le secteur de la Mounine était principalement recouvert de pins d’alep « anémomorphosés », c’est-à-dire sculptés par le vent. Ses pins étaient d’une grande beauté et participaient au caractère pittoresque des paysages de la calanque de la Mounine.

La Mounine abrite également des plantes très rares et protégées au niveau international. C’est notamment le cas de l’astragale de Marseille, du plantain à feuilles en alène, de la thymélée tartonraire et du faux statice nain. Ces plantes fragiles qui poussent au plus près du littoral, ont une croissance lente et ont moins de chance de repousser après le passage du feu. 

Astragale de Marseille © PNCal
faux statice nain © Patrice d'Onofrio
Thymélée tartonraire © PNCal

Le feu fait-il parti du cycle naturel des Calanques ?

Oui et non... Si les feux de forêt permettent, après leur passage, à la nature de se régénérer et se diversifier, leur multiplication est en revanche très néfaste. Or, les Calanques sont marquées par des incendies fréquents dus à des comportements humains inappropriés. Si la fréquence des feux devient trop importante, les milieux naturels perdent leur capacité à se régénérer. D’autre part, le feu détruit l’humus et ses composantes (insectes, vers de terre, champignons) et met le sol à nu entraînant une forte érosion lors des pluies.

Quel suivi pour le site de la Mounine ?

Aucun arbre ne sera planté en remplacement afin que la nature puisse reprendre ses droits à son rythme et sous des formes les plus diversifiées possibles. Les pins seront sans doute les premiers à reconquérir le site. Un suivi scientifique particulier sera réalisé par le Parc national pour voir si les plantes les plus rares et fragiles arrivent à repousser ou se maintenir. Des actions pour favoriser leur développement seront adoptées si nécessaires.