Parc national des Calanques
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Le 18/02/2019
Les élèves de la classe de CE2-CM1 de l'école Louis Marin de La Ciotat avec leur fanion des Aires marines éducatives © Parc national des Calanques - Céline Bellanger
Depuis 2017, deux écoles de La Ciotat sont impliquées dans la protection des plages du Mugel, dans le cadre d’un projet d’Aires marines éducatives (AME). En partenariat avec le Parc national, le Centre Permanent d’Initiative pour l’Environnement (CPIE) et la Ville de la Ciotat, les écoliers réfléchissent à la gestion et à protection de leur littoral. Des ateliers sur le terrain et des animations en classe rythment l'année scolaire, en laissant la part belle à l’initiative des enfants. Afin de répondre aux questionnements ayant émergé du Conseil des enfants pour la mer, des séances spéciales sur les pollutions ont été organisées dans les classes.

Une démarche laissant libre cours aux questionnements des enfants

Le concept d’« aire marine éducative » est né en 2012, de l’imagination des enfants d’une école primaire des Marquises. Ce projet pédagogique de connaissance et de protection du milieu marin a essaimé, avec l’ambition de laisser la part belle à l’initiative des enfants. A La Ciotat, les CE2-CM1 des écoles La Garde et Louis Marin réfléchissent depuis deux ans à la gestion et à la protection des plages du Mugel. Afin de débattre des problématiques soulevées durant les ateliers, un « Conseil des enfants pour la mer » a été organisé. Ce Conseil, qui a eu lieu peu après l'arrivée de boulettes d'hydrocarbures sur le littoral, a été marqué par de nombreux questionnements à propos des pollutions.

Hydrocarbures, crèmes solaires et fibres synthétiques en question

« D’où viennent les boulettes d’hydrocarbure et comment fait-on pour dépolluer la mer ? », « Quel est l’impact des crèmes solaires sur les écosystèmes marins ? », « Nos maillots de bain peuvent-ils être polluants ? », telles sont les questions qui ont été posées par les enfants. Afin d’apporter des éléments de réponse à ces interrogations, des séances thématiques ont été animées dans les classes par les agents du Parc national et de la ville de La Ciotat.

Munis de leurs propres crèmes solaires et maillots de bains, les élèves ont été conviés à décrypter en détails les étiquettes et notices d’utilisation des produits, afin d’en découvrir la composition. Ils ont ainsi pu réfléchir à l’impact des fibres synthétiques sur l’environnement ainsi qu’à l’écoconception de certains textiles. Ils ont aussi analysé les composés chimiques des crèmes et ont conclu que celles conçues à base de minéraux sont moins nocifs pour les océans. Enfin, les enfants ont discuté de l’impact néfaste de la pollution aux hydrocarbures sur la faune et la flore et ont découvert les actions de dépollutions qui ont été mises en place sur le territoire du Parc national.

Des séances sur le terrain prévues au printemps

Avec l’arrivée des beaux jours, les animations vont continuer au grand-air, sur la plage mais aussi sous l’eau, lors de sorties en palmes-masques-tubas. Le CPIE interviendra auprès des classes lors d’animations sur les habitats et espèces sous-marines : découverte de l’écosystème de l’herbier de Posidonie, observation d’organismes aquatiques, classification s’espèces... Les deux classes ont le projet de réaliser des panneaux pour sensibiliser le public sur les espèces présentes dans leur Aire marine et pour rappeler la règlementation en vigueur. Les agents du Parc national et de la ville de La Ciotat animeront différents ateliers afin de matérialiser cette proposition. La restitution annuelle du projet aux élus de La Ciotat aura lieu en juin et sera présentée par les élèves des deux classes.

Les Aires marines éducatives sont des projets pédagogiques et écocitoyens de connaissance et de protection du milieu marin par des jeunes publics. Elles concernent des zones maritimes littorales de petite taille, gérées de manière participative par les élèves d’une école primaire suivant des principes définis par une charte. Née en Polynésie française, ce type de démarche se développe aujourd’hui en métropole, notamment grâce au soutien de l’Agence Française pour la Biodiversité.